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Peur sur les toques au barreau de paris.


Quelle stupeur d’apprendre dans le bulletin du Bâtonnier du mois d’avril que la « toque » allait devenir une salle de sport, de repos et de convivialité à l’usage exclusif des gendarmes affectés au Palais de Justice de Paris.

Ces derniers le méritent amplement, certes, mais la création de cet espace prévoit une fusion des « toques », lesquelles regrouperont alors un minimum de 50 confrères par toque !

Celles-ci ne seront plus numérotées comme elles le sont aujourd’hui. Elles porteront le nom d’un ancien Bâtonnier et seront classées par ordre décroissant de dates de prestations de serment.

Comprenez mon effroi à la lecture de cette annonce :
comment allons-nous faire pour nous y retrouver et récupérer jugements et dossiers ?

Quelques explications sur nos « toques » et leur origine



Initialement, la toque était le chapeau que les gens de Justice portaient lors des audiences, et leurs cartons servaient de boite aux lettres. Aujourd’hui, la toque ne se porte plus et les cartons ont été remplacés par des casiers dénommés « toques ».
Si la dématérialisation de certaines procédures est en marche, les dossiers au format papier font toujours partie de notre quotidien : dossiers de plaidoirie remis au juge contenant les pièces produites indexées et surtout les « grosses des jugements »* (exemplaire du jugement sur lequel figure en original la formule exécutoire).

Et ces documents nous reviennent par la toque !
Au Palais de Justice de PARIS, la toque se situe au 1er étage du vestiaire.
C’est un dédale de rangées de cases. Chacun des avocats du Barreau de PARIS a en effet la sienne et nous sommes plus de 25 000 !

La toque fonctionne comme un service postal :
- Le tri du courrier reçu (déposé sur un tapis roulant !) est effectué à partir de la lettre associée au numéro de toque que chaque avocat parisien possède. Pour ma part c’est le D 0003.

Les cases destinées aux différents services de l'Ordre des Avocats, et notamment la CARPA, sont relevées quatre fois par jour.
Celles destinées aux greffes des différentes chambres du Tribunal de Grande Instance et de la Cour d’Appel de PARIS le sont trois fois par jour.

- Le service du Vestiaire assure et gère également l'acheminement des courriers vers les Tribunaux de Grande Instance et les Tribuneaux de Commerce de Nanterre, Bobigny et Créteil.

Une navette pour ces juridictions part tous les matins vers 7 h.
A destination de Melun, Versailles, Evry et Corbeil : la navette part les lundis, mercredis et vendredis. Pour la Cour d’appel de Versailles et le Tribunal de Grande Instance de Pontoise, la navette est assurée 1 fois par semaine (le mercredi). A destination du Tribunal de Grande Instance de Meaux, la navette est assurée 2 fois par semaine (le mercredi et le vendredi).

- Une navette permet enfin d’assurer le retour des dossiers de plaidoirie des greffes du Tribunal de Grande Instance et de la Cour d'appel de PARIS, ainsi que des Tribunaux d’Instance de Paris, de sa proche banlieue et du Conseil de Prud'hommes de Paris.

Une case pour 50 avocats, vous imaginez !! Mais cela n’était pas sans compter sur l’espièglerie de notre Bâtonnier et des services de l’Ordre, lesquels nous invitaient à les contacter pour tout renseignement, à l’adresse suivante : poissondavril@avocatparis.org www.avocatparis.org/occupation-du-vestiaire-et-fusion-des-toques-compter-du-mois-davril-2017

OUF !